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West Fraser contrevient à son entente avec la ZEC de la Lièvre
SOLVEIG BEAUPUY Le Quotidien
Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) du Québec tranche dans le différend opposant West Fraser et la zec de la Lièvre et déclare la forestière coupable de ne pas avoir respecté l’entente intervenue entre les deux parties.
La décision a été transmise mercredi par l’unité de gestion de Saint-Félicien aux dirigeants de la zec de la Lièvre, de Roberval, ont-ils rapporté, mais Le Quotidien n’a pas pu mettre la main sur le document.
Malgré une entente d’harmonisation survenue après plusieurs semaines de négociations difficiles entre les deux institutions afin de s’entendre sur un tracé sécuritaire pour le transport de bois cet hiver, West Fraser n’aurait pas respecté les conditions convenues, le 25 janvier dernier.
Ce tracé permettait à la papetière de sortir du bois hors zec tout en passant par le territoire de la zec, en utilisant un chemin expressément dédié au transport forestier, communément appelé le chemin Lamontagne. Ce parcours, selon André Néron, président de la zone d’exploitation contrôlée, « permettait d’assurer le maximum de sécurité aux 600 membres lorsqu’ils circulent sur le chemin principal ».
La zec de la Lièvre avait pourtant tout mis en oeuvre pour dénouer l’impasse et protéger ses membres, soutient-elle. Le 24 janvier, « le conseil d’administration avait décidé d’ouvrir une première fois, à ses frais, le tronçon négligé par West Fraser et d’installer de la signalisation pour informer les camions lourds du tracé à utiliser », peut-on lire dans le communiqué. Mais West Fraser aurait décidé de maintenir sa position, déplorent les dirigeants de la zec.
Ceux-ci avaient également décidé de mettre en place, dès le 25 janvier, des véhicules qui escorteraient les camions de bois dans le tronçon considéré moins sécuritaire.
La zec de la Lièvre avait une première fois dénoncé les agissements de West Fraser au MFFP, qui s’était empressé de répondre que l’entreprise avait tout à fait le droit de circuler sur le chemin qu’elle souhaitait.
Sans se laisser démonter, ses dirigeants ont recontacté le MFFP pour lui dire que l’objectif n’était pas de déterminer si West Fraser avait le droit de passer sur le chemin souhaité, mais bien de déterminer si la papetière avait respecté son entente avec la zec. « Ils ont dû refaire leurs devoirs », a commenté le directeur général lorsque joint par Le Quotidien, mercredi soir.
Le MFFP a alors désigné West Fraser comme étant coupable de non-respect de ses engagements envers la zec de la Lièvre, mais ne peut pas légalement obliger l’entreprise à se conformer à cette entente. Toutefois, « les sanctions prévues à son entente de récolte seront appliquées », est-il inscrit dans le communiqué.
Le directeur général de la Lièvre se dit satisfait de cette décision, dans ce qu'il compare à un combat entre David et Goliath. « Ça montre qu’un petit organisme comme le nôtre est capable de mettre tout en œuvre pour avoir gain de cause et protéger ses membres », de conclure Stéphane Turcot.